J’avais inventé un mot : libertaré pour décrire ces libertariens (forcément extrémistes) qu’on trouvait facilement dans feu twitter devenu X. Il y sont encore, c’est logique c’est le service de leur idole : Elon Musk. Le mec qui a attaqué l’état fédéral US avec Trump, un drogué à la Ketamine et aux propos extrémistes et tentative d’intrusion dans les états-européens pour soutenir l’extrême droite. Et où des deep-fake salopent le débat public lors d’élections.
Voici donc un exemple1 de pensée libertarienne trouvé sur X2.

la base de leur pensée, c’est que « le marché sait tout régler, il l’a toujours fait« . N’importe qui qui se souvient de ses cours d’histoire comprend que ce propos est tout à fait faux, même si par période, les entreprises privées ont joué un grand rôle. Ce genre de personnage n’a lu que La Route de la servitude (Hayek) et pas d’autres livres. Cette affirmation du marché tout puissant , est un débat central en économie, politique. Quel est le role de l’état et du marché dans l’organisation de la société. Pour le libertaré , c’est simple : l’Etat ne doit être là que pour punir, le marché devant TOUT régler et le personnel politique réduit au plus simple , car pour eux le politique se fait élire pour son statut social. Dans leur monde, même l’école est privée, tout comme la santé, pas de sécurité sociale (c’est « communiste » vont-ils vous dire, avec un bon non-sens historique). Et dans ce monde, très peu d’élus : ils ne servent à rien et ne font qu’embêter les entrepreneurs.
La révolution industrielle est venu après les lumières qui avaient permis aux scientifiques de travailler.3.. cette révolution industrielle a été portée par des entrepreneurs privés, avec une croissance économique sans précédent dans l’histoire de l’humanité. C’était au XIXe siècle tout ça. On peut alors dire que cet exemple est à reproduire si on a une vision étriquée de l’histoire. D’autres exemples vont parler : L’effondrement du bloc soviétique a souvent été interprété comme une preuve de la supériorité des économies de marché. Mais cet effondrement a été entre autre possible par la pression militaire (« la guerre des étoiles de Reagan) des USA sur l’URSS qui n’a pas pu suivre, son économie étant déjà dans un état défaillant… et rendu possible aussi avec la baisse du prix du pétrole. Bref tout ça se mélange.
Adam Smith a inventé le concept de la main invisible du marché. Selon Smith, les individus agissant par intérêt personnel dans un marché concurrentiel aboutissent, sans intention explicite, à un équilibre optimal pour la société. C’est un préjugé qui n’est pas vérifié dans les faits : les individus n’étant pas tous sur le même moule, et avec la même intelligence. Pour les libéraux trépanés, La compétition stimule l’innovation (Schumpeter : « destruction créatrice« ). Ce n’est pas faux, mais une partie de l’innovation vient de la recherche fondamentale … financée par les états. Des exemples dans la vie actuelle, les recherches sur la fusion nucléaire sont financés par les états (exemple : ITER) .. et des entreprises privées. Par contre les processeurs comme le M4 de mon Mac Mini, ou le 8086 des anciens PC, tout ça vient d’entreprises privées.
On constate que la pensée des libéraux, a un problème. Les modèles de marché parfait (concurrence pure et parfaite, information symétrique, absence d’externalités) sont rarement vérifiés dans la réalité. Le marché échoue à produire des biens publics (défense nationale, éclairage public, réseaux de transport….) ou à internaliser les externalités (pollution, changement climatique). Ces externalités ce sont les états qui les gèrent et financent la lutte contre elles. La concurrence pure et parfaite, n’existe pas, et on voit des problèmes finir devant les tribunaux et les dégâts que cette concurrence « libre et non faussée » à produit en Europe… système le plus avancé dans le monde, mais qui a encore des illettrés et des pauvres. Et même en Europe cette concurrence est gérée par des autorités de régulations et c’est la même chose aux USA.
Peut être que l’autre gogole Milei en argentine va la tester après avoir licencié les régulateurs. C’est l’idole de ces libertarés aux propos très clairs:
“Nous sommes engagés dans un conflit culturel, une bataille idéologique, une guerre où c’est la survie de notre liberté qui est en jeu.”
Pour que cette concurrence pure et parfaite existe il faut que l’information soit symétrique, libre et non faussée, cela n’est pas possible quand des milliardaires possèdent la presse, et que l’un d’entre eux (encore Musk) contrôle via un algorithme obscur ce qui est bon pour vous, et que d’autres (Zuckerberg) font de même sur d’autres réseaux. C’est de la dissymétrie ! Tout le contraire d’une information symétrique, ici les puissants décident pour les autres. On voit là encore que le modèle libertarien, est purement théorique avec des hypothèses irréalistes.
Pire encore d’un point de vue historique , Les premières civilisations humaines (Mésopotamie, Égypte antique) étaient organisées autour de pouvoirs centraux (royaumes, empires) qui géraient la redistribution des ressources (récoltes : greniers à grain, travaux publics, avec par exemple l’irrigation ou les routes, et rues des villes ). Le marché n’était pas le seul, ni même le principal, mécanisme de coordination. Il est apparu en même temps que l’état. Le rôle de l’état se retrouve dans l’histoire en France (Colbert) et en Allemagne quand l’état a mise en place un système ferré . Plus récemment la régulation étatique a sauvé le capitalisme de la Grande Dépression (1930), Le krach boursier et la Grande Dépression ont montré que le marché ne se corrigeait pas spontanément, tout comme la crise de dite des « subprimes »4 en 2008. Les politiques keynésiennes (relance par la demande) ont été nécessaires.
Et depuis la protection sociale (santé, retraite) a réduit la pauvreté et stabilisé les sociétés, là où le marché seul aurait échoué et où il échoué : aux USA par exemple, avec de l’endettement privé pour la santé5. Peut-être est-ce là « un équilibre optimal pour la société »? plus près de nous, Au Royaume-Uni, la privatisation des chemins de fer dans les années 1990 a conduit à une hausse des prix et une baisse de la qualité (et hausse des incidents), avant un retour partiel du public.
L’histoire récente nous montre que ces gens avec leur pensée théorique ont tort. L’Etat est là pour fixer des règles pour éviter les abus (ex. droit du travail, protection des consommateurs) et réguler la concurrence. Il participe aussi à la réduction des inégalités via la fiscalité et les transferts sociaux. En Europe et ailleurs, on utilise la politique monétaire et budgétaire pour lisser les cycles économiques (cf 2008). Par contre il faut être borné pour ne pas voir que le marché peut-être moteur. Dans de nombreux secteurs (ex la technologie) la concurrence stimule l’innovation et baisse les prix. Mais on doit aussi parler des synergies qui existent : quand l’Etat et le marché travaillent ensemble, récemment par exemple le marché des panneaux solaires a décollé grâce à des subventions étatiques (crédits d’impôt) et des normes environnementales en Europe ou ailleurs.
Le marché ne résout pas tout seul ses propres défaillances : Sans État, qui fait respecter les contrats ? Qui protège les plus vulnérables ? Qui gère les crises et leur conséquences sur les personnes sans défense ? L’histoire montre que les périodes de laissez-faire pur (ex. XIXe siècle) ont souvent conduit à des crises sociales (travail des enfants, inégalités extrêmes), nécessitant des corrections étatiques (école publique, hôpitaux, fiscalité). Ces périodes sont bien connues et documentées par des auteurs ou des chercheurs.
Le marché est un outil, pas une finalité.
- Google me dit que ce monsieur est conferencier sur l’IA. ↩︎
- je garde un compte sur X, désolé, oui, pour voir ces zozos. ↩︎
- en éloignant l’église de certaines choses… ↩︎
- quand des banques privées prêtaient à n’importe qui. ↩︎
- Et des malades poursuivis par les hôpitaux qui font des saisies sur salaire. ↩︎
